Maison de Balbus Iassus et Maison à l’étui d’or

Élément lapidaire en calcaire portant une inscription mentionnant Balbus Iassus, qui a donné son nom à la domus. (©Y. Labaune, SAVA)

Boulevard Frédéric Latouche, après la démolition de l’usine des Ateliers d’Art (qui va d’ailleurs donner son nom à la fouille) et à l’emplacement de l’actuelle salle de l’Hexagone, une fouille de sauvetage programmé, a été menée sous la direction de G. Vuillemot, A. Demongeot et J.-P. Guillaumet de 1973 à 1976.

Ces fouilles ont permis de dégager partiellement deux vastes et luxueuses domus, séparées par une ruelle (ambitus), dans un îlot jouxtant le cardo maximus.

La première est appelée « Maison de Balbius Iassus » en raison d’une inscription mise au jour au XIXème siècle à l’emplacement de la fouille et la seconde « Maison à l’étui d’Or », tirant son nom d’un étui-pendentif portant l’inscription « EUPHORI ».

Alimentées par un réseau d’eau potable sous pression, elles sont organisées aux IIème et IIIème siècles autour d’une cour ou d’un jardin muni d’un bassin et comportent de nombreuses pièces pavées d’une mosaïque ou d’une marqueterie de marbre (opus sectile). Elles sont encore fréquentées au cours de l’Antiquité tardive.

L’étui d’or
Cet étui est un tube hexagonal aux extrémités aplaties. Trois bélières, permettant la suspension, sont soudées sur une des faces.

Elles sont décorées de trois godrons sortis de la masse de la feuille par limage. Cette décoration, encore présente à la soudure, est très usée.

L’autre décoration de ce pendentif est la granulation. Elle sert d’ornementation ponctuelle dispersée sur trois faces. Elle est également employée pour écrire EYΦOPI en majuscules grecques sur une des faces sous les bélières. Cette inscription grecque exprime un souhait à l’impératif, « réjouis-toi », équivalent d’une formule latine bien connue sur différents supports gallo-romains comme les bijoux : utere felix.

Sur la face opposée à cette dernière, de l’autre côté des bélières, une lettre ou un petit motif est sous chaque bélière sans qu’il soit toujours possible de la reconnaître Y, V et un troisième motif.

Les autres faces sont normalement décorées de cinq granules à peu près en ligne. La surface de l’étui, piquetée et griffée, est brillante. Les extrémités sont différentes. L’une est fermée très proprement avec une feuille soudée sur le bord de l’étui. La seconde constitue la partie amovible, la feuille identique à la première mais de dimensions moindres entre dans l’étui pour permettre au bord de l’étui de se rabattre dessus.

Quelques rares étuis-pendentifs analogues, en or ou argent, sont connus dans le monde romain. Certains d’entre eux conservaient une feuille de métal inscrite et enroulée à l’intérieur du tube. L’exemplaire de Francfort-sur-le-Main recelait ainsi un texte de 18 lignes d’écriture en latin témoignant de la confession chrétienne de son propriétaire.

L’inscription Balbius Iassus
Cet élément lapidaire en calcaire muni d’une inscription est une base de statue ou bien d’un autel, d’une hauteur de 0,75 mètre. Il a été retrouvé en 1895 lors des travaux de construction de la scierie boulevard Frédéric Latouche qui a été démolie préalablement à la fouille.
L’inscription en latin est la suivante : DEAE TVTE / LAE / BALB(IVS) IASSVS / ET SVI EX VO / TO
On peut la traduire de la manière suivante : À Dea Tutela, Balbius Iassus et les siens, ex-voto