L’histoire de nos ancêtres s’est inscrite dans le sol ou sous les eaux, au fil du temps, sous la forme de traces que l’on nomme « vestiges ». Un ensemble de « vestiges » constitue un « site archéologique ». Il témoigne des activités humaines qui s’y sont déroulées mais aussi de l’évolution des paysages, du climat… Il peut regrouper plusieurs constructions imposantes, ou se réduire aux traces d’une occupation temporaire, repérable à quelques charbons, des pierres, des fragments d’os… Les vestiges archéologiques sont nombreux et variés, ils peuvent être spectaculaires ou modestes.
La plupart du temps, les sites archéologiques sont enfouis car ils ont été détruits par des phénomènes naturels ou par les hommes eux-mêmes. Mais certains édifices peuvent être conservés en élévation, entièrement ou partiellement. Leur étude, développée dans les années 1980 s’appelle « l’archéologie du bâti ». Cette discipline fait partie du champ des compétences du Service Archéologique de la Ville d’Autun depuis 2020.




On peut aussi retrouver des vestiges sous l’eau, dans la mer, les lacs ou les rivières. On parle alors d’archéologie « sous-marine » ou « subaquatique ». Lorsque les archéologues étudient les grottes et les mines, on dit qu’ils interviennent « en milieu souterrain ».
Fouiller un site est une démarche scientifique pluridisciplinaire. Sur le terrain, l’équipe des archéologues enregistre précisément la position des structures et des objets mis au jour, mêmes les plus petits. Pour les faire « parler », il faut les mettre en relation les uns avec les autres, y compris avec leur environnement et de nombreux spécialistes sont mis à contribution (anthropologues, céramologues, archéozoologues…).



Une discipline qui a évolué au cours du temps
Les vestiges archéologiques ont toujours suscité l’intérêt. Mis au jour, ils ont d’abord été valorisés dans des salles d’expositions personnelles (des cabinets de curiosités) avant de s’offrir au grand public dans les musées nationaux. Le métier aussi s’est transformé, évoluant des érudits éclairés, mais amateurs, aux professionnels ultra spécialisés.
En France, la prise de conscience de la nécessité de préserver le patrimoine des destructions émerge au cours du XIXème siècle avec la création du service des Monuments Historiques (Les monuments historiques | Ministère de la Culture), qui émet sa première liste de monuments à protéger en 1840.
La réalisation des fouilles archéologique a été longtemps encadrée par la loi n° 41-4011 du 27 septembre 1941 (Loi n° 41-4011 du 27 septembre 1941 relative à la réglementation des fouilles archéologiques – Légifrance), avant une refonte complète du cadre législatif de l’archéologie dite préventive au début des années 2000 (LOI n° 2003-707 du 1er août 2003 modifiant la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive (1) – Légifrance).
La réglementation régissant les opérations de diagnostic et de fouille est définie par l’État, qui en fixe les délais et les procédures. La mise en œuvre des opérations archéologiques est effectuée sous le contrôle du préfet de région (DRAC – service régional de l’archéologie).
L’exécution des diagnostics relève désormais d’un monopole public partagé entre l’Inrap (Inrap | Institut national de recherches archéologiques préventives) et les collectivités territoriales, comme Autun, dotées d’un service archéologique agréé par l’État.
Le caractère économique de l’activité de fouille est reconnu : le législateur confie dès lors à l’aménageur la qualité de maître d’ouvrage des fouilles et ouvre ces dernières à la libre concurrence entre les opérateurs à certaines conditions : notamment la délivrance par l’État d’une habilitation aux opérateurs (le Service Archéologique de la Ville d’Autun est habilité pour la réalisation des fouilles pour la période antique) et le contrôle par l’État de la conformité des contrats avec les prescriptions de fouilles.