Le théâtre romain d'Autun

Le théâtre

La périphérie orientale de la ville était dotée d’un quartier entièrement dédié au divertissement, où se côtoyaient deux vastes édifices de spectacle – un théâtre et un amphithéâtre – à proximité de l’enceinte urbaine. Ils présentaient de grandes similitudes architecturales, et l’on suppose qu’ils ont été construits sensiblement à la même époque, sous le règne des Flaviens (fin du Ier siècle apr. J.-C.), peut-être à la place d’édifices antérieurs bâtis en matériaux périssables. Il s’agit très certainement d’un projet d’urbanisme cohérent, en grande partie intégré à la trame viaire. De nouvelles fouilles archéologiques permettraient de préciser différents points qui restent pour beaucoup hypothétiques. Il existait un second théâtre à l’extérieur des remparts, dans le sanctuaire périurbain de la Genetoye, ce qui fait d’Autun l’une des rares villes de l’Empire romain, avec Rome, à être dotée de deux édifices de spectacle de ce type. 

L’architecture et le plan du théâtre d’Autun s’inspirent très largement des modèles classiques de l’Italie romaine. L’espace semi-circulaire devant la scène s’appelle l’orchestra : il accueille les sièges honorifiques des premiers rangs, l’équivalent de nos fauteuils d’orchestre. Les spectateurs, en fonction de leur rang social, se répartissent ensuite sur trois rangées de gradins (cavea) séparées par des paliers (praecinctiones), au moyen d’un réseau complexe d’escaliers partiellement souterrains. Actuellement, seules les deux premières rangées de gradins, qui s’appuient sur une colline naturelle, sont partiellement conservées.

Ces vestiges ont été en grande partie dégagés et restaurés durant les années 1930. De nouvelles structures ont été découvertes en 1985 par A. Rebourg et A. Olivier dans le cadre d’un nouveau chantier de restauration.

La dernière rangée, entièrement aérienne, s’est quant à elle effondrée : le sommet de l’édifice atteignait la cime des tilleuls actuels, surplombant de plus de 30 m l’orchestra. Le dispositif scénique, mal conservé et non fouillé, est très mal connu.

Les dimensions du monument sont considérables : d’une capacité d’accueil de l’ordre de 20 000 spectateurs, son diamètre de près de 148 m en fait l’un des plus vastes théâtres de l’Empire romain, avec celui de Pompée à Rome.

Les spectacles offerts par de riches citoyens, les évergètes, sont mal connus. On estime toutefois qu’il ne s’agissait pas forcément de représentations théâtrales, tragédies ou comédies, comme dans nos théâtres modernes, mais de spectacles plus proches de nos revues de music-hall, dans lesquels se succédaient mimes et pantomimes, grandes parades, numéros d’acrobates et intermèdes musicaux.

Depuis le début du XXe siècle, tout particulièrement après sa restauration dans les années 1930, le théâtre est régulièrement investi par un ensemble de spectacles et manifestations culturelles. 

L’amphithéâtre, complètement détruit, n’est quant à lui connu que par des mentions anciennes, une gravure de 1610 qui nous donne son aspect avant sa destruction et un plan des vestiges exhumés au XIXème siècle.

Ses dimensions totales sont de 154 m sur 130 m : il s’agit là, avec celui de Poitiers, du plus grand amphithéâtre de Gaule actuellement connu. On y voyait se produire des simulacres de chasses (venationes), ainsi que des combats d’animaux et de gladiateurs (ludi). Tacite nous rapporte qu’une école de gladiateurs existait à Autun dès le règne de Tibère, mais les fouilles archéologiques réalisées jusqu’à présent n’ont pas permis de la localiser.