Le portique monumental du cardo maximus

Fouille de sauvetage durant l’hiver 1984 dans les conditions difficiles. Le cardo est dégagé et on peut voir son pavement composé de grandes dalles de granite. L’équipe dégage l’un des murs parallèles à la voie. (©Équipe de fouille)

Durant l’hiver 1985, A. Rebourg a fouillé un important portique situé en bordure orientale de l’îlot XI-8.

Le cardo maximus a également été observé mais pas sur toute sa largeur. Il est formé de grandes dalles de granite à deux micas, épaisses de 0,5 mètre en moyenne et de 0,70 à 1,10 mètre de côté. Les vides sont remplis d’éclats de granit.

L’opération archéologique a commencé alors qu’une bonne partie des niveaux supérieurs du site avaient été détruits par des travaux de terrassement.

Deux murs parallèles à la voie ont été dégagés sur une longueur de 25 mètres. Le stylobate (mur qui accueille une colonnade) en opus caementicium* est entaillé tous les 6 mètres de façon à recevoir des blocs en grand appareil constituant la base des piles du portique (trottoir recouvert par une toiture). Ce dernier, large de près de 4 mètres est limité à l’ouest par un second mur, également en caementicium parementé. Il semble constituer le côté oriental d’une série de boutiques. Des sondages ont permis d’observer des murs antérieurs correspondant manifestement à des états primitifs de ce portique ainsi qu’un caniveau en briques.

Une bordure de blocs de granit à deux micas délimite un trottoir de terre battue dont la largeur passe de 2,70 mètres au sud à 3,10 mètres au nord. Parmi les couches de remblai du trottoir, on a découvert une importante série de matériel militaire en os et en bronze du IIIème siècle de notre ère, contemporaine du siège de la ville en 270.

Les fouilleurs ont proposé de dater ce portique monumental de l’Antiquité tardive. En réalité, l’absence d’observations stratigraphiques tout comme l’examen du matériel conservé ne permettent en aucun cas d’abonder en ce sens. Une datation plus précoce semble vraisemblable au vu des fouilles effectuées 40 mètres plus au nord en 1986. Les couches d’occupation du trottoir ont cependant livré de la céramique caractéristique du IVème siècle, ce qui confirme l’utilisation de ce monument dans le courant de l’Antiquité tardive. A la surface de ce trottoir, on aurait observé des trous de poteaux tardifs, non relevés.

Les couches de travail des chaufourniers détruits avant le début des opérations archéologiques ont été observés dans les coupes en limite de fouille. Des blocs débités, peut-être en lien avec cette activité, ont été retrouvés sur la voie.

* Maçonnerie de blocage constituée par un mélange de mortier et de pierres tout venant