Les Ecoles Méniennes

L’une des fenêtres de fouille ouverte en 2010 sur une grande schola à l’emplacement présumé des Ecoles Méniennes. Les puissantes maçonneries visibles sur cette image correspondent aux fondations d’un portique monumental encadrant une cour. Au centre du cliché, les murs de plus faible épaisseur appartiennent à une maison urbaine détruite préalablement à la construction du monument. (©Y. Labaune, SAVA)

Un diagnostic d’archéologie préventive mené par le service archéologique d’Autun en 2011 sous la responsabilité de Y. Labaune, sur une parcelle de plus d’un hectare de superficie, a donné l’occasion d’explorer partiellement deux îlots situés le long du cardo maximus, à proximité du centre monumental (temple d’Apollon, forum et thermes publics) et d’habitats luxueux.

Dans le premier de ces îlots, on a pu mettre au jour une riche domus comportant des pavements particulièrement soignés en marqueterie de marbre et présentant de fortes similitudes avec les maisons dites de Balbius Iassus et à l’Étui d’or, fouillées non loin de là dans les années 1970.

Le second recèle les vestiges d’un vaste complexe monumental, vraisemblablement construit au début du IIème siècle sur les ruines d’anciennes maisons, qui a pu bénéficier d’une fenêtre d’investigations de 900 m². Il est composé d’un édifice dont l’une des façades ouvre sur le cardo maximus, en grande partie situé en dehors de l’emprise de la fouille. Seuls quelques vestiges remarquables, comme les fondations en grand appareil d’un mur d’une largeur considérable de 3 mètres, permettent de se faire une idée de sa monumentalité.

Le complexe connaît une profonde restructuration à la fin du IIIème ou au début du IVème siècle, qui semble se traduire par la mise en place de deux grandes cours sensiblement identiques (environ 45 x 20 mètres) séparées par une galerie à claire-voie et fermées par de grands portiques à double nef d’une vingtaine de mètres de largeur. L’une des colonnes en façade de ces portiques, retrouvée effondrée à son emplacement originel, permet de restituer les caractéristiques de ces élévations en calcaire de la côte chalonnaise. La fouille d’un atelier lapidaire, témoin privilégié de cette campagne de restauration tardo-antique, montre la place importante occupée par le marbre blanc de Carrare au sein des déchets de taille. Il a été possible de dégager partiellement un pavillon d’angle donnant accès au cœur de l’îlot depuis le cardo. Dans son dernier état, il est pavé de grandes dalles de calcaire marbrier et débouche dans la cour à portiques centrale au moyen d’une ouverture majestueuse. Le complexe du début de l’Antiquité tardive, par son plan et sa localisation dans un quartier résidentiel situé à proximité immédiate du centre monumental, répond aux caractéristiques fonctionnelle et topographique d’une schola de taille exceptionnelle. La confrontation avec les sources littéraires suggère d’identifier ces vestiges comme ceux des Scholae maenianae, mentionnées dans un discours prononcé en 298 par Eumène, notable originaire de la cité, en présence du gouverneur de Lyonnaise.