Ce secteur à la confluence entre les rivières Ternin et Arroux, en périphérie de la ville antique d’Autun Augustodunum, connait une occupation sur le temps long, depuis l’époque néolithique jusqu’à l’époque moderne. Il bénéficie d’un ambitieux programme de recherches depuis 2013 sous la direction de Y. Labaune (Ville d’Autun), associant le Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA), l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un ensemble d’universités et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), avec le soutien logistique de Bibracte.
Les fouilles programmées ont permis de mieux comprendre la structuration du quartier antique. Celui-ci est organisé autour du sanctuaire civique des Eduens situé en périphérie de la ville antique, mais également d’un vaste quartier artisanal qui était jusqu’à présent inconnu.
Ce quartier des artisans se développe sur près de quatre hectares à l’est du sanctuaire, le long de la voie quittant Autun en direction de Bourges. Il est séparé de l’espace cultuel par une voie qui suit un tracé polygonal, le long de laquelle s’élèvent un ensemble de petits bâtiments standardisés qualifiés d’« ateliers-boutiques ». Ceux-ci semblent liés à la production et à la vente de produits manufacturés, en partie à destination du sanctuaire. Ce secteur a bénéficié de huit années de fouilles entre 2013 et 2022 sous la direction de M. Thivet (Université de Besançon) puis de S. Alix (Inrap).
Schématiquement, les productions semblent tournées vers la métallurgie dans un premier temps, avant de s’orienter vers la confection de vaisselle céramique au IIème siècle, en particulier de gobelets à boire. Plus d’une centaine de fours de potiers sont recensés. Des ateliers ont été également découverts liés au célèbre coroplaste* Pistillus, produisant en série des figurines en terre cuite blanche représentant majoritairement des Vénus ou des déesses mères. Un ensemble d’indices laisse toutefois entrevoir un quartier aux activités diversifiées incluant par exemple la confection d’objets en os ou de lampes en terre cuite.
Les productions semblent destinées à l’export (c’est le cas de certaines productions de vaisselle céramique) mais également à la consommation au sein même du sanctuaire.
Les différentes fenêtres de fouilles ont permis d’apprécier l’organisation générale de ces unités de productions de vaisselle et de figurines qui se distribuent le long de la voie de Bourges et d’un ensemble de rues qui lui sont perpendiculaires. Chacune de ces unités semble comporter des espaces à ciel ouvert destinés au stockage, à la préparation de l’argile et à l’accès à l’eau au moyen de puits, qui jouxtent des espaces à couverture légère sur solins abritant les structures de cuissons.
L’activité artisanale démarre au Ier siècle de notre ère et se poursuit jusqu’à l’abandon du sanctuaire au milieu du IIIème siècle.
*Le coroplaste est un artisan spécialisé dans la fabrication des figurines en terre cuite blanche