Les thermes de la Genetoye

Vue aérienne de la fenêtre de fouille ouverte en 2015 sur les possibles thermes du sanctuaire. En arrière-plan s’élève le temple dit de Janus. (©M. Thivet, Université de Franche-Comté)

Ce secteur à la confluence entre les rivières Ternin et Arroux, en périphérie de la ville antique d’Autun Augustodunum, connait une occupation sur le temps long, depuis l’époque néolithique jusqu’à l’époque moderne. Il bénéficie d’un ambitieux programme de recherches depuis 2013 sous la direction de Y. Labaune (Ville d’Autun), associant le Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA), l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un ensemble d’universités et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), avec le soutien logistique de Bibracte.

Les fouilles programmées ont permis de mieux comprendre la structuration du quartier antique. Celui-ci est organisé autour du sanctuaire civique des Eduens situé en périphérie de la ville antique, mais également d’un vaste quartier artisanal qui était jusqu’à présent inconnu.

La fouille réalisée en 2015 par M. Thivet (Université de Besançon) à quelques centaines de mètres au sud du temple dit de Janus a permis la reconnaissance extensive d’un édifice monumental à exèdre* repéré par les prospections géophysiques. Il est malheureusement mal conservé (seules ses fondations sont conservées) et sa chronologie fine reste difficile à saisir dans le détail.

Ce monument semble construit dans la seconde moitié du Ier siècle de notre ère. Dans un premier état, le bâtiment d’un plan parfaitement symétrique semble dépourvu de son abside. Dans le courant du IIème siècle de notre ère (peut-être dès le début du IIème siècle), on assisterait à la monumentalisation définitive de l’édifice correspondant à l’adjonction de l’exèdre. L’édifice paraît ensuite définitivement abandonné, comme la plupart des bâtiments du sanctuaire, vers 250.

La nature de ce monument demeure encore incertaine en raison de son mauvais état de conservation. Plusieurs arguments concernant son plan, en particulier la présence d’un ensemble de pièces chauffées donnant sur une cour semi-circulaire limitée par un portique (galerie couverte), favorisent toutefois l’hypothèse d’avoir affaire à un édifice thermal public. Une organisation hypothétique du bâtiment a été proposée : il serait composé d’un vestibule, de vestiaires, de pièces froides, tièdes et chaudes, d’une possible piscine (natatio) et de latrines.

L’association entre temple(s), théâtre et thermes est fréquente dans les complexes cultuels de l’époque romaine.

*Partie de l’édifice adoptant un plan semi-circulaire