Ce secteur à la confluence entre les rivières Ternin et Arroux, en périphérie de la ville antique d’Autun Augustodunum, connaît une occupation sur le temps long, depuis l’époque néolithique jusqu’à l’époque moderne. Il bénéficie d’un ambitieux programme de recherches depuis 2013 sous la direction de Y. Labaune (Ville d’Autun), associant le Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA), l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un ensemble d’universités et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), avec le soutien logistique de Bibracte.
Les fouilles programmées ont permis de mieux comprendre la structuration du quartier antique. Celui-ci est organisé autour du sanctuaire civique des Eduens situé en périphérie de la ville antique, mais également d’un vaste quartier artisanal qui était jusqu’à présent inconnu.
L’un des temples du sanctuaire, le temple dit de Janus conservé en élévation, a été fouillé entre 2013 et 2018 par M. Joly (Université de Toulouse) et Ph. Barral (Université de Besançon).
Son origine a pu être précisée. Elle remonte à l’époque gauloise, au cours des IIIème-IIème siècle avant notre ère, sous la forme de deux bâtiments successifs en architecture de terre et de bois, volontairement incendiés.
Pour l’époque augustéenne, les vestiges sont très tenus et permettent de restituer un sanctuaire avec palissades, sols construits, aménagements en architecture de terre et bois dont le plan nous est inconnu. La pétrification du sanctuaire situé à l’emplacement du temple dit de Janus intervient au milieu du Ier siècle de notre ère, avec l’édification d’un temple à plan centré au sein d’un péribole* à portiques.
A partir de l’époque flavienne (vers 70), le temple connaît plusieurs phases d’agrandissement et de monumentalisation, tout en respectant son organisation générale.
Le sanctuaire est abandonné vers le milieu du IIIème siècle. Le secteur ne sera pas réinvesti avant l’époque médiévale, période durant laquelle la tour centrale du temple dit de Janus a servi de réduit fortifié protégé par une puissante enceinte fossoyée. L’intégration du bâti dans ce dispositif l’a mise à l’abri des récupérateurs de matériaux et semble à l’origine de son excellent état de conservation.
L’hypothèse d’un culte à « Janus » est fausse ; elle semble issue d’une mauvaise interprétation du toponyme, « Genetoye », qui renvoie plutôt aux genêts (arbustes). D’autre part, une offrande découverte en fouille à l’emplacement du temple mentionne la divinité indigène « Ieniecus », qui pourrait être l’un des dieux du sanctuaire. Pour l’instant, ce dieu n’est attesté qu’à Autun.
On imagine que l’ancienneté de ce sanctuaire, remontant à l’époque gauloise, pourrait être l’une des raisons, parmi d’autres (comme le tracé de la voie de l’Océan), ayant présidé au choix du site topographique pour y implanter la nouvelle capitale des Eduens à l’époque d’Auguste (empereur de 27 avant notre ère à 14 de notre ère.).
A l’exception des édifices majeurs de la panoplie monumentale du complexe cultuel que sont le temple dit de Janus, le théâtre du haut-du-Verger et les thermes, une grande partie du sanctuaire n’a pas encore bénéficié de fouilles. Malgré tout, un plan des vestiges encore enfouis a pu être réalisé à partir de prospections géophysiques, non invasives. On y observerait plusieurs autres temples et un ensemble de bâtiments d’usage indéterminé.
*Enceinte sacrée autour d’un temple