La Porte Saint-André à Autun

La porte Saint-André

La porte Saint-André s’élève à l’extrémité orientale du decumanus maximus, au nord-est de l’enceinte d’Autun. Elle ouvre sur le tracé de la voie qui file en direction de Langres et Besançon. Parmi les quatre portes monumentales que possédait la fortification, elle est la mieux conservée avec la porte d’Arroux, mais se révèle plus hétérogène que cette dernière, ayant subie une importante réfection dès l’Antiquité. Elle a moins suscité l’intérêt des chercheurs que la porte d’Arroux. Sa date de construction, qui doit certainement être placée à l’époque julio-claudienne (entre le règne d’Auguste et celui de Néron), reste imprécise.

L’allure massive et trapue qui se dégage de la porte Saint-André lorsqu’on la compare à la porte d’Arroux, d’allure plus fine et plus élancée, est largement due au fait que le sol antique a été remblayé et se situe approximativement à 1,70 m sous la circulation actuelle.

Large de 19 m (entre les tours de flanquement), haute de plus de 13 m à l’origine et profonde de 3,30 m (au centre) à 4,50 m (sur les côtés), elle est composée au niveau de la chaussée de deux baies centrales (larges de 3,80 m) encadrées de part et d’autre par des baies plus petites (larges de 2 m). Cette porte se distingue de la porte d’Arroux par les deux avant-corps saillants dans lesquels s’ouvrent ses baies latérales côté campagne. Sur la face arrière de la porte en revanche, les quatre baies sont situées sur le même plan. Ce premier niveau, originel et qui date de la construction de la porte, est édifiée en blocs de grand appareil assemblés à joints vifs. Ils sont taillés dans le même calcaire blanc utilisé pour construire la porte d’Arroux et extrait sur la commune de Fontaines, soit à 35 km environ d’Autun. Contrairement à la porte d’Arroux, la porte ne semblait pas équipée d’une herse. En revanche les baies centrales se fermaient au moyen de vantaux en bois à deux battants. Ce système de fermeture, qui n’existait sans doute pas à l’origine, a été installé à une époque indéterminée (antique, médiévale ou moderne ?).

Contrairement au premier niveau dont la partie visible est entièrement constituée de calcaire blanc, la galerie supérieure a été édifiée en arkose extrait du plateau d’Antully, ce qui lui confère une couleur plus sombre. Côté campagne, cette galerie de dix arcades est flanquée par deux avancées saillantes, percée chacune de deux arcades, ce qui en laisse six au centre, à l’aplomb des deux grandes baies centrales du premier niveau. Sur la face arrière de la porte, les onze piliers des dix arcades sont situés sur le même plan. Les piliers sont ornés de pilastres non cannelés qui semblent inachevés: ils n’ont pas été ravalés pour être mis aux dimensions imposées par les chapiteaux. Les chapiteaux de pilastre sont de facture très homogène mais leur aspect, original, rentre mal dans les typologies existantes et sont difficiles à dater. La nature des matériaux employés, de l’arkose et non pas du calcaire, suggère que la galerie supérieure de la porte Saint-André actuellement visible a été construite dans un second temps. Il pourrait s’agir d’un chantier de réfection, peut-être de l’Antiquité tardive. Contrairement à la porte d’Arroux, aucun indice ne plaide en faveur de la présence d’une cour intérieure.

Tout comme sur la porte d’Arroux, la galerie supérieure assurait la continuité du chemin de ronde entre ses deux tours de flanquement. La tour nord est conservée en élévation grâce à sa transformation en église qui est attestée dès le XIIIème siècle (il s’agit désormais d’un temple protestant depuis 1945). Rectangulaire côté ville mais semi-circulaire côté campagne, elle relève de la catégorie des tours dite à talon. Fortement remaniée au Moyen-Age et au XIXème siècle, le parement originel en petit appareil de grès semble toutefois partiellement conservé. Des blocs moulurés visibles au pied de l’abside de l’édifice de culte correspondent quant à eux au soubassement en grand appareil de la tour antique. Une chapelle, dite des Ganay, jouxtait au XVIème siècle l’abside de l’église installée dans la tour de flanquement et obturait la petite baie septentrionale.

Enfin, on retrouve le même schéma d’approche de ville que celui décrit au niveau de la porte d’Arroux. Plusieurs voies se réunissent en un tronçon unique avant de franchir en ligne droite un pont situé dans l’axe de la porte puis suivre une pente ascendante marquée qui participe à la scénographie de l’entrée de ville dont la porte urbaine n’est autre que la monumentalisation.


Bibliographie

Barrière 2012

Barrière V., Les portes de l’enceinte antique d’Autun et leurs modèles (Gaule, Italie, provinces occidentales de l’Empire romain), thèse réalisée sous la direction d’O. de Cazanove, Archéologie et Préhistoire. Université de Bourgogne, 2012. Français. ⟨NNT : 2012DIJOL042⟩. ⟨tel-01124095⟩

Labaune et alii, 2015 

Labaune Y. (dir.), Alix S., Balcon-Berry S., Barrière V., Borau L., Cauuet B., Hostein A., Kasprzyk M., Louis A., Maurice-Chabard B., Nouvel P., Venault S., Autun antique, Guides archéologiques de la France, Editions du Patrimoine, Paris, 2015.

Rebourg 1998

Rebourg A., L’urbanisme d’Augustodunum (Autun, Saône-et-Loire), Gallia, 55, 1998, p. 141-236.

Rebourg 1993

Rebourg A., Autun, 71/1, carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, ministère de la Culture, 1993.