La Porte Saint-Andoche d'Autun

La porte Saint-Andoche

Vu l’état actuel de conservation de la structure romaine, il serait plus juste de parler de la tour Saint-Andoche plutôt que de la porte Saint-Andoche. En effet, de la porte, il ne reste aujourd’hui que la tour de flanquement méridionale, actuellement conservée dans l’enceinte d’un établissement scolaire (Institution Saint-Lazare), anciennement la congrégation du Saint-Sacrement. La tour nord et le corps central de la porte, qui était très vraisemblablement à l’origine percé de quatre passages disposés de manière comparable aux autres portes, ont été tous deux démantelés en 1584 et remplacés par des bâtiments modernes. Initialement, cette porte s’élevait à l’extrémité occidentale du decumanus maximus, au sud-ouest de l’enceinte d’Autun. Elle ouvrait sur le tracé de la voie antique desservant Clermont et Bourbon-L’Archambault après avoir franchi un pont sur le ruisseau de Mugne.

Plan synthétique des vestiges de la ville antique et de son sanctuaire périurbain (La Genetoye). La Tour Saint-Andoche, vestige de la porte monumentale d’époque romaine, est localisée par un cercle rouge. (©D’après A. Tisserand, SAVA)

Elle n’a pas subi, comme la tour de flanquement septentrionale de la porte Saint-André, de diminution de sa hauteur et, de ce fait, sa conservation demeure tout à fait exceptionnelle à l’échelle non seulement de la Gaule mais de l’Occident romain. Comme pour la porte Saint-André, la tour Saint-Andoche doit sa conservation à sa réoccupation à l’époque médiévale, qui se traduit ici par son intégration à un complexe monastique.  Cette conservation exceptionnelle est mise à profit par les chercheurs dans le cadre des travaux de restitution des portes dites Saint-André et d’Arroux.

La morphologie de la tour de flanquement, actuellement quadrangulaire, a changé depuis l’Antiquité. Son extrémité occidentale, semi-circulaire, est désormais uniquement conservée dans le sous-sol, mais n’est plus visible en élévation. Un plan de la porte Saint-Andoche a été établi par J. Roidot-Déléage à la suite des fouilles qu’il réalisa en 1850. L’archéologue a pu relever les vestiges des deux tours de flanquement et du départ des courtines, en revanche il n’a pas pu observer le corps central qui semblait entièrement démonté jusqu’aux fondations. Le sol d’époque romaine a été rencontré à 3,60 m sous le sol actuel.

La tour est aujourd’hui agencée en cinq niveaux qui ne correspondent pas aux étages antiques : un niveau partiellement enterré (dont le plafond est situé environ 2 m au-dessus du niveau de la cour qui entoure l’édifice antique), le premier étage (cuisines), le second étage (salle de classe), le troisième étage (débarras d’un appartement de fonction) et la quatrième étage (grenier sous les combles). Sur le parement extérieur de la face nord de la tour, celle qui donnait sur le corps central de la porte, on observe une baie cintrée (bouchée) qui doit être interprétée soit comme une porte permettant l’accès à la galerie supérieure, soit comme une baie d’artillerie percée à l’étage de la tour.

L’étude archéologique de cette tour a été initiée en 2014 dans le cadre d’un projet plus large dirigé par S. Balcon-Berry (Université Paris Sorbonne) visant à comprendre l’histoire du complexe monastique du Saint-Sacrement sur le temps long, de l’Antiquité à nos jours. Les résultats restent en grande partie inédits. L’étude de bâti d’A. Louis (ArcheoPictor) a permis de proposer une restitution de l’aspect initial de cette porte antique, sur le modèle de la porte Saint-André.


Bibliographie

Balcon-Berry et alii 2016

Balcon-Berry S., Joly M., Cannoni C., Nouvelles technologies appliquées à l’archéologie : l’étude du site de Saint-Andoche d’Autun, actes de la journée d’actualité archéologique en Territoire Éduen du 29 mai 2015, Autun : SAVA, 2016, p. 51-57

Barrière 2012

Barrière V., Les portes de l’enceinte antique d’Autun et leurs modèles (Gaule, Italie, provinces occidentales de l’Empire romain), thèse réalisée sous la direction d’O. de Cazanove, Archéologie et Préhistoire. Université de Bourgogne, 2012. Français. ⟨NNT : 2012DIJOL042⟩. ⟨tel-01124095⟩

Labaune et alii, 2015 

Labaune Y. (dir.), Alix S., Balcon-Berry S., Barrière V., Borau L., Cauuet B., Hostein A., Kasprzyk M., Louis A., Maurice-Chabard B., Nouvel P., Venault S., Autun antique, Guides archéologiques de la France, Editions du Patrimoine, Paris, 2015.

Petitjean 2017

Petitjean C., Étude de la porte antique Saint-Andoche d’Autun grâce aux nouvelles technologies. Présentation des premiers résultats, actes de la journée d’actualité archéologique en Territoire Éduen du 8 avril 2016, Autun : SAVA, 2017, p. 55-58

Rebourg 1998

Rebourg A., L’urbanisme d’Augustodunum (Autun, Saône-et-Loire), Gallia, 55, 1998, p. 141-236.

Rebourg 1993

Rebourg A., Autun, 71/1, carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, ministère de la Culture, 1993.