La structuration de ce quartier antique périurbain
Le quartier de la Genetoye se développe en périphérie de la ville antique, le long de la voie sortant d’Autun par la porte dite d’Arroux qui se dirige en direction de Bourges.
Son plan a pu être dressé à partir des données cumulées des prospections géophysiques, des clichés aériens mais aussi de la trentaine de fouilles réalisées entre 2013 et 2023.
Le quartier est organisé autour d’un sanctuaire situé au plus près de la confluence entre l’Arroux et le Ternin. Il comporte plusieurs temples de plans variés reconnus par la prospection radar au voisinage du temple dit de Janus conservé en élévation, mais aussi un théâtre et des thermes. Il intègre également des espaces a priori vides d’aménagements dont la fonction reste à définir. A l’est du sanctuaire, de part et d’autre de la voie de Bourges, se développe un vaste quartier artisanal de presque quatre hectares de superficie qui était jusqu’à présent inconnu. Les productions semblent destinées à l’export (c’est le cas de certaines productions de vaisselle céramique) mais également à la consommation au sein même du sanctuaire.
L’espace accueillant les temples est clairement délimité par le tracé du Ternin et par une voie qui suit un tracé polygonal, le long de laquelle s’élève le théâtre du haut-du-Verger, un vaste édifice thermal, ainsi qu’un ensemble d’infrastructures plus modestes. Ces petits bâtiments standardisés à l’est du quartier artisanal, peuvent être qualifiés d’« ateliers-boutiques », ils seraient liés à la production et à la vente de produits manufacturés. Des édifices plus fortement dimensionnés de part et d’autre des thermes dont la fonction reste à préciser (accueil des pèlerins ?) ont également été repérés.
Le tracé d’un canal artificiel (de l’ordre de 1,5 km de longueur) reliant le Ternin en amont à la rivière Arroux en aval, composé de deux tronçons parfaitement rectilignes formant un coude à l’ouest du théâtre, marque la limite occidentale du complexe antique. Cette réalisation assez lourde ne semble pas avoir mobilisé un éventuel chenal naturel préexistant, mais aurait au contraire nécessité une excavation sur l’entièreté de son tracé d’environ 10 000 m3. Sa fonction paraît avant tout symbolique en formant une limite très claire entre le complexe cultuel et le reste du suburbium*.
Les vestiges du système de franchissement du canal, par la voie filant en direction de Bourges, ont été partiellement fouillés. Il semble s’appuyer sur des sablières basses, dont deux poutres en bois en excellent état de conservation datées par dendrochronologie de l’époque augustéenne, découvertes à leur place au fond du canal.
Enfin on ajoutera qu’au sud-ouest de l’emprise délimitée par la confluence et le canal artificiel, à l’endroit où le canal débouche dans l’Arroux, s’élevait encore au XIXème siècle un mausolée turriforme de diamètre important traditionnellement appelé « la Gironette ». Il adopte le plan des grands tombeaux de tradition républicaine s’inspirant du modèle d’Alexandre le Grand. Mal documenté, uniquement connu par un plan et une coupe réalisée en 1872, le monument funéraire se situe en dehors de la zone investie par les recherches récentes. Le rapport entretenu entre ce secteur funéraire et le complexe de la Genetoye reste pour l’instant indéterminé.