A l’est du sanctuaire, de part et d’autre de la voie de Bourges, se développe un vaste quartier artisanal de presque 4 hectares de superficie qui était presque inconnu avant les fouilles réalisées entre 2013 et 2023. Le quartier artisanal est séparé du sanctuaire par une voie, adoptant un tracé de forme polygonale, le long de laquelle sont implantés des petits bâtiments standardisés que l’on peut qualifier d’« ateliers-boutiques ». Ces bâtiments pourraient être liés à la production et à la vente de produits manufacturés à destination du sanctuaire.
A l’ouest, l’ensemble de ce quartier périurbain est limité par le tracé d’un canal artificiel de l’ordre de 1,5 km de longueur reliant le Ternin à la rivière Arroux, qui assure avant tout un rôle symbolique de limite sacrée.
Au terme des fouilles programmées, il a été possible d’explorer environ 10 % de cette zone de production. Des fenêtres ont permis de mettre au jour plusieurs ateliers, à l’ouest et à proximité du canal et à l’est en marge du sanctuaire. Plusieurs « ateliers-boutiques » ont également été fouillés. Bien qu’incomplètes, ces premières interventions permettent de complétement renouveler notre vision de ce secteur périurbain quant à son organisation, son évolution et ses productions.
On suppose une planification de l’implantation des ateliers dès la fondation de la nouvelle capitale, à l’époque augustéenne.
La présence d’ateliers de métallurgie est attestée dès la fin de l’époque augustéenne, le long de la voie de Bourges. La production se développe au sein de petites unités en terre et bois, régulièrement rebâties. La plus grande période de production semble centrée sur le milieu et la fin du Ier siècle de notre ère mais ces ateliers restent actifs jusqu’au IIème siècle. Ils produisent majoritairement des objets en alliages cuivreux. Sont ainsi attestées des productions de fibules à l’époque augusto-tibérienne, de clochettes, d’anneaux et de clous en bronze au milieu du Ier siècle, d’objets en tôle (miroir ou vaisselle ?) à la fin du Ier siècle. La production d’objets en fer reste difficile à définir, faute de chutes explicites.
La production céramique a été perçue au travers de plusieurs ateliers répartis à proximité du canal ou bien en marge du sanctuaire. L’activité potière semble démarrer dès la fin du Ier siècle, se développe surtout à partir du IIème siècle, est très importante entre la fin du IIème et le début du IIIème siècle et cesse vers 250. Plusieurs ateliers ont été fouillés. Ils livrent l’ensemble des structures nécessaires à la production : espaces bâtis et cours extérieures possédant un puits, fours de potier, emplacement des tours, des fosses de stockage d’argile, des dépotoirs. La comparaison entre les données géophysiques et les espaces fouillés permet d’imaginer la présence d’au moins 75 fours de potiers, possiblement plus. Même si tous n’ont pas fonctionné en même temps, cela place le centre de production de la Genetoye dans un ordre de grandeur similaire à l’officine de Gueugnon.
Les ateliers ont produit en masse de la vaisselle commune et de vaisselle fine, dont des gobelets à boire. La fabrication de lampes en terre cuite semble plus marginale. Enfin, l’une des officines dépendant de Pistillus, célèbre coroplaste, a produit en série des figurines en terre cuite représentant majoritairement des Vénus ou des déesses mères, ainsi qu’un ensemble de productions moins connues voire inédites.
Des indices tenus permettent d’envisager un ensemble d’autres productions plus difficiles à caractériser : fabrication d’objets en os, travail de menuiserie, confection de textile…
Une part importante de la vaisselle produite dans les ateliers de la Genetoye paraît destinée à l’export. En revanche, un ensemble de productions spécifiques – vases miniatures, vases décorés en relief, vases zoomorphes (« vases-singe »), patères et possiblement une partie des figurines – pourrait être plus spécifiquement destiné au sanctuaire.
Le quartier artisanal, tout comme le sanctuaire, est déserté vers 250. Seul le théâtre du haut du Verger continuera d’être fréquenté par des militaires dont la présence paraît liée au siège de la ville par l’empereur Victorin.