L’Abbaye Saint-Martin

Sondage en cours de réalisation dans le système de fortification carolingien de l’abbaye Saint-Martin. Le bâtiment visible à l’arrière-plan se rapporte à la reconstruction du complexe abbatial au cours du XVIIIe s. (©M. Loire, SAVA)

Le projet de requalification des revêtements et de création de chemins piétons aux abords du centre social du prieuré Saint-Martin à Saint-Pantaléon se situe dans l’emprise même de l’ancien complexe abbatial. Il a entraîné la prescription d’un diagnostic archéologique préalable qui a été réalisé en juin 2014 par le service archéologique de la ville d’Autun sous la direction de Y. Labaune.

Cette modeste opération apporte d’incontestables résultats à la connaissance de l’histoire de l’abbaye Saint-Martin, du Moyen-Âge à la période industrielle qui suit sa désaffectation. Quelques indices concernant la présence d’un site antique antérieur à la fondation du complexe monastique ont également été récoltés.

La présence récurrente de mobilier antique résiduel plaide en effet en faveur de la présence d’un site antique périurbain à l’emplacement de l’abbaye. Il est abondant et varié, on relève la présence de vaisselle antique, de monnaies de la fin du Haut-Empire et de l’Antiquité tardive et de nombreux éléments de construction : tuiles (tegulae et imbrices), moellons de grès (petit appareil), placages de roches décoratives, tesselles de mosaïque.

Les vestiges d’un système de fortification fossoyé en limite occidentale du complexe monastique ont pu être mis en évidence. Il s’agit d’un fossé large d’une dizaine de mètres et de plus de 2 mètres de profondeur antérieur au milieu du XIIème siècle. selon une datation radiocarbone. Son creusement pourrait être contemporain du privilège de fortification accordé par Charles-le-Chauve à la fin du IXème siècle.

Un cimetière médiéval – peut-être du Xème ou XIème siècle. selon une datation radiocarbone – a pu être mis en évidence en périphérie du complexe, à proximité de son enceinte fossoyée. Point très intéressant, il comporte une zone davantage dévolue aux enfants.

L’arrêt de l’entretien du système de fortification fossoyé paraît intervenir au moment des guerres de religion, dans le courant du XVIème siècle. Les fossés paraissent utilisés comme dépotoirs domestiques, générant leur colmatage définitif.

Le cimetière médiéval paraît pillé entre le XVIème siècle et le XVIIème siècle, peut-être durant une période d’abandon de l’abbaye par les religieux qui est mentionnée dans les sources.

Des infrastructures maçonnées modernes, mais antérieures à la reconstruction de l’abbaye au milieu du XVIIIème siècle, ont été rencontrées. Elles sont peut-être contemporaines de la réhabilitation du complexe au cours du XVIIème siècle par les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur.

Les vestiges les plus récents concernent un petit bâtiment de plan carré construit à la fin du XVIIIème siècle ou au début du XXème siècle, postérieur à la désaffectation de l’abbaye. Il a été détruit il y a quelques décennies, probablement au cours des années 1960.