Le pavillon Saint-Louis était l’un des plus anciens bâtiments du centre hospitalier d’Autun. Ce vieil édifice a servi successivement de maternité, puis d’hospice avant sa démolition en 1986.
Une fouille de sauvetage réalisée à l’emplacement de la construction démolie, a entraîné la découverte d’un portique monumental (trottoir recouvert d’une toiture) avec boutiques en bordure ouest du cardo maximus. Sa structure est identique à celui découvert à proximité lors de la construction de la maison de retraite l’Eduen en 1985. Les boutiques ont cette fois-ci été dégagées. Plusieurs états ont pu être mis en évidence, s’échelonnant du Ier siècle à l’extrême fin du IVème siècle / tout début du Vème siècle de notre ère.
Le premier état (début du Ier siècle de notre ère) voit la construction d’une série de boutiques parallèles à l’axe du cardo maximus qui existe à cette époque sous la forme d’un simple cailloutis. Il semble que l’une d’entre elles ait eu une fonction artisanale liée à la métallurgie du bronze.
Le second état (milieu du Ier siècle) voit la reconstruction de ces bâtiments. L’aspect monumental de l’ensemble est accentué par l’épaississement des maçonneries. Pour cette période et dans ce secteur de la ville, le cardo maximus adopte la forme d’une vaste place pavée de dalles en calcaire bordée par un portique monumental. A l’extrémité nord de la place, dans l’axe de la voie, un massif bétonné a été interprété par A. Rebourg comme l’un des soubassements d’un arc triomphal. Les recherches récentes suggèrent plutôt d’avoir affaire aux vestiges d’un escalier monumental.
Le troisième état (IIème siècle) voit la destruction des anciennes boutiques qui sont encore une fois entièrement reconstruites. Les sols sont composés de planchers qui ont probablement subi l’action du feu. Elles semblent encore accueillir des activités artisanales.
L’occupation de l’Antiquité tardive, qui paraît intense, est difficile à saisir compte tenu de l’érosion des couches les plus récentes du site. Les vestiges les plus remarquables de cette période nous ont été laissé par les récupérateurs de matériaux de construction qui ont œuvré lors de l’abandon du site. Il s’agit d’un ensemble de plusieurs centaines de fragments d’architecture et de décors en marbre de Carrare (Italie) et en roches marbrières colorées qui ont été abandonnées avant d’être brûlées dans un four afin de produire de la chaux. L’étude de ces blocs lapidaires montre une grande cohérence et permet de restituer l’élévation d’un grand temple du Ier siècle de notre ère. Ces éléments architecturaux peuvent être mis en relation avec une grande ruine romaine de plan circulaire encore visible au XIXème siècle qui pourrait être le temple d’Apollon mentionné par le maître de rhétorique Eumène en 298.