Structures hydrauliques antiques et vestiges miniers

Drain antique suivi sur un linéaire de 80 m, en cours de fouille. (©Y. Labaune, SAVA)

Le projet d’aménagement d’un nouveau lotissement d’environ 3 hectares au lieudit En Fleury en périphérie occidentale d’Autun, secteur qui n’avait pour l’instant bénéficié d’aucune opération archéologique préventive malgré une forte pression immobilière depuis les années 1990, a conduit la municipalité à demander la réalisation anticipée d’un diagnostic archéologique. L’opération a été réalisée par le service archéologique de la ville d’Autun sous la direction de Y. Labaune en décembre 2013.

La fenêtre d’investigation se trouve à environ un kilomètre à l’ouest des murs de la cité, en bord de terrasse alluviale dominant la rive gauche de l’Arroux. D’un point de vue archéologique, ce secteur se situe en bordure septentrionale du complexe minier stannifère* présumé antique des flans de la Montagne Saint-Sébastien et du Bois de Riveau, à quelques centaines de mètres au nord-ouest d’une fouille pratiquée sous la direction de B. Cauuet en 2005 à La Chataigneraie aux abords d’un chantier-ravine. La présence d’un établissement rural antique est quant à elle proposée à quelques centaines de mètres vers le sud-ouest à partir de données issues de prospections et de surveillances de terrassements. Enfin, une maladrerie médiévale est mentionnée dans les sources textuelles au lieudit En Fleury : non localisée précisément, certains indices nous invitent à situer également cet établissement à quelques centaines de mètres vers le sud-ouest.

Pour l’époque antique, seules trois structures hydrauliques ont pu être caractérisées :

Il s’agit en premier lieu de deux canalisations d’adduction d’eau potable en bois détectées en périphérie méridionale de la fenêtre de diagnostic. Elles se dirigent en dehors de la fenêtre, vers le sud et le sud-ouest, soit en direction de l’éventuel établissement rural mentionné auparavant.

Un drain antique recelant un mobilier céramique assez abondant de la fin du Ier ou au début du IIème siècle a également été reconnu à l’est des parcelles sondées, sur un linéaire de 80 mètres environ. Il suit assez strictement une courbe de niveau situé vers 325,90 m NGF et file des deux côtés en dehors des limites de la fenêtre de diagnostic. Il a certainement contribué à l’assainissement des terrains cultivés à l’époque romaine.

La fenêtre de diagnostic accueille également une vaste structure fossoyée dans le sens de la pente encore visible dans le paysage dans les années 1970, qui a été réutilisée à cette époque de manière opportune comme décharge publique et qui est désormais intégralement comblée de déchets (ménagers, pharmaceutiques, déchets de boucherie ou d’abattoir). La morphologie de cette grande fosse (de plus de 150 mètres de longueur, large de 15 à 20 mètres et dont la profondeur est supérieure à 3 mètres) rappelle celle de la tranchée d’exploitation de La Chataigneraie précédemment citée. Malgré une recherche attentive, aucun vestige de système hydraulique n’a cependant pu être détecté dans le cadre de l’opération. Le terminus post quem pour la mise en place de ce chantier d’extraction est fourni par son recoupement avec un drain comblé à la fin du Ier ou au début du IIème siècle. Ainsi, si l’hypothèse minière doit être retenue, l’exploitation daterait de la fin du IIème ou du IIIème siècle au plus tôt.

Enfin, quelques tessons hors stratigraphie en frange occidentale de la fenêtre d’investigation constituent le bruit de fond d’une fréquentation ou occupation d’époque médiévale / moderne. Cela semble cohérent avec la présence dans ce secteur d’une ancienne maladrerie que l’on situe approximativement à quelques centaines de mètres au sud-ouest de nos sondages.

*Complexe minier visant à exploiter le minerai d’étain