Le Service Archéologique de la Ville d’Autun, sous la direction d’A. Belot, est intervenu en 2024 à l’est de l’église actuelle de Saint-Jean-le-Grand, dans le cadre d’un projet de réhabilitation des bâtiments de l’ancienne abbaye. Ce projet prévoit une réfection des revêtements et le creusement de fosses de plantation. Deux sondages ont été réalisés afin d’estimer le potentiel archéologique de cette parcelle, la proximité avec l’abbaye Saint-Jean-le-Grand laissant envisager la présence de vestiges en lien avec cet établissement religieux.
Cette abbaye, qui aurait été fondée à la fin du VIème siècle, semble avoir compté à l’époque médiévale deux églises parallèles, avec un clocher commun entre les deux édifices, ainsi qu’un cloître accolé à l’église nord.
Les bâtiments de l’abbaye médiévale ne sont plus visibles aujourd’hui, mais des fouilles réalisées par la Société Eduenne dans les années 1876-1880 ont permis de les localiser à l’emplacement actuel de l’agence France Travail. L’abbaye se déplace plus à l’ouest au XVIIème et XVIIIème siècle avec la construction de nouveaux bâtiments et d’une nouvelle église. Elle a été largement démantelée à partir de la fin du XVIIIème siècle, et seul l’ancien corps de logis du XVIIème siècle est encore visible aujourd’hui. L’église actuelle date du XIXème siècle, et a été achevée dans les années 1850.
Le secteur concerné par le diagnostic se situe immédiatement à l’est de cette église, et au sud de l’emplacement de l’ancienne abbaye médiévale.
L’occupation à l’époque antique a pu être perçue à travers la présence de fragments de céramiques antiques, mais également grâce à la découverte d’une base de colonne antique et de plusieurs éléments de placage. Une colonne antique en marbre cipolin a pu être identifiée en réemploi dans un calvaire du XIXème siècle s’élevant à proximité des sondages. Ce mobilier pourrait indiquer la présence de monuments richement décorés dans ce secteur de la ville antique. Cela était déjà envisagé depuis le XVIIIème siècle grâce à la découverte de plusieurs vestiges monumentaux.
Les traces d’un large fossé ont été détectées au fond de l’un des sondages. D’après le mobilier céramique, il pourrait s’agir des vestiges de la fortification entourant l’abbaye primitive. Cela reste difficile à vérifier en l’état, compte tenu de l’emprise restreinte de la fenêtre d’observation.
Enfin, les vestiges d’un mur orienté nord-ouest/sud-est, très profondément fondé, ont été mis au jour dans les deux sondages. D’après la stratigraphie, ce mur semble plutôt se rattacher à la fin de l’époque moderne (XVIIIème-XIXème siècle). Il pourrait s’agir du mur de clôture des jardins de l’abbaye, jouant également un rôle de soutènement. Cependant aucun plan de cette époque ne le mentionne.