Le théâtre antique de la Genetoye

Rangée de gradins inférieure du théâtre du haut-du-Verger découverte en 2014. (©A. Maillier, Bibracte EPCC)

Ce secteur à la confluence entre les rivières Ternin et Arroux, en périphérie de la ville antique d’Autun Augustodunum, connaît une occupation sur le temps long, depuis l’époque néolithique jusqu’à l’époque moderne. Il bénéficie d’un ambitieux programme de recherches depuis 2013 sous la direction de Y. Labaune (Ville d’Autun), associant le Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA), l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un ensemble d’universités et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), avec le soutien logistique de Bibracte.

Les fouilles programmées ont permis de mieux comprendre la structuration du quartier antique. Celui-ci est organisé autour du sanctuaire civique des Eduens situé en périphérie de la ville antique, mais également d’un vaste quartier artisanal qui était jusqu’à présent inconnu.

Le théâtre du sanctuaire, au lieu-dit le « haut-du-Verger », a été en partie dégagé entre 2013 et 2016 par F. Ferreira (docteur en archéologie, Université Paris-Sorbonne). Il est actuellement enfoui par mesure de protection. Le monument avait été repéré pour la première fois lors de la grande sécheresse de 1976 à l’occasion d’une prospection aérienne réalisée par R. Goguey : le dessin des murs enterrés apparaissait aux endroits où la végétation s’était desséchée. Une fouille réalisée en 1977 par J.-P. Guillaumet avait permis de confirmer qu’il s’agissait d’un théâtre.

Cet édifice est édifié au milieu du Ier siècle de notre ère et semble sceller une possible occupation artisanale antérieure. Dans son premier état, le monument mesure 70 à 80 mètres de diamètre. Seul le mur périphérique est assuré, il pourrait être associé au premier état de l’ima cavea (rangée de gradins inférieure) et de l’orchestra (espace semi circulaire entre la scène et les gradins). La cavea (l’ensemble des gradins, divisé en plusieurs espaces) devait être constituée d’au moins deux maeniana (rangées de gradins). Concernant les accès de ce premier théâtre, seuls une cage d’escalier longeant la façade diamétrale et l’aditus (couloir permettant d’accéder directement à l’orchestra depuis l’extérieur et aux meilleurs gradins réservées aux couches aisées de la population) ont été observés.

Le théâtre du haut-du-Verger est agrandi à la fin du Ier siècle de notre ère pour atteindre désormais un diamètre d’environ 116 mètres. La cavea a été étendue, une rangée supplémentaire de gradins a été ajoutée, retenu par un nouveau mur périphérique. La façade diamétrale de l’édifice a également été prolongée ce qui a permis de mettre en place des basiliques dans les angles du monument (sorte de « hall d’accueil », de part et d’autre de l’édifice, qui permet d’accueillir les spectateurs et de les diriger vers les gradins). Il est possible désormais d’accéder à l’intérieur du théâtre par les couloirs latéraux, désormais prolongés, et par six accès situés aux deux extrémités de la façade.

Une nouvelle phase de monumentalisation a été détectée au début du IIIème siècle. Une vaste salle à abside de 6 mètres de largeur est ajoutée à l’extérieur du monument qui monumentalise son accès depuis l’extrémité de la voie reliant le théâtre au temple dit « de Janus ».

Le sanctuaire, tout comme le quartier artisanal, ne semblent plus fréquentés au milieu du IIIème siècle, à l’exception notable du théâtre du haut-du-Verger qui aurait accueilli des militaires comme le suggèrent les découvertes de mobilier en lien avec l’armée des années 260-280. Cet épisode serait à mettre en relation avec le siège de la ville par Victorin lors de l’hiver 269-270.

S’il est plus petit que le théâtre urbain (visible à proximité du lycée militaire), les dimensions de cet édifice de spectacle restent tout de même suffisamment considérables pour en faire l’un des plus grands théâtres de Gaule. La présence de deux théâtres dans une même ville est très rare à l’échelle du monde romain.