Occupation antique modeste extra muros

Succession de sols antique et aménagement de tuiles dans un des sondages réalisés. (©S. Alix, Inrap)

Ces deux diagnostics, menés sous la direction de S. Alix (Inrap) sur des parcelles conjointes, ont montré la présence de vestiges antiques. Les sondages permettent d’envisager la présence d’une occupation gallo-romaine concentrée sur les deux tiers nord-ouest des parcelles. Le tiers sud-est montre surtout des niveaux hydromorphes*, dont certains ont dû être contemporains de l’occupation antique. Les conditions météorologiques n’ont pas permis d’explorer la nature exacte de ces milieux humides.

Aucun indice funéraire n’a été mis en évidence. Cela confirme l’impression donnée par deux interventions précédentes d’être dans un « entre-deux » séparant les espaces funéraires du Haut-Empire, près de la porte Saint-André et les nécropoles tardo-antiques plus à l’est, à proximité de la voie quittant Autun en direction de Langres et Besançon. En revanche, la présence d’éléments structurants (maçonneries et constructions en terre et bois) exclut que l’on soit simplement en présence d’un dépotoir d’époque romaine comme cela semble être le cas à proximité. Les indices les plus anciens remontent peut-être à la Tène* mais il peut également s’agir de structures antiques précoces (augustéennes ?). Des feuilletages de sol de circulation ont été découverts. La présence de niveaux de démolitions utilisés comme remblai renvoie sans doute à la nécessité d’exhausser les sols du fait du contexte humide. Un ensemble de trous de poteaux et de piquets permettent d’envisager la présence de petits bâtiments en matériaux périssables ou, a minima, de palissades ou de cloisonnements, et ce dès les premiers niveaux antiques. Une tranchée d’épierrement témoigne de l’existence d’un bâti maçonné au mortier de chaux.

La datation de ces vestiges semble assez homogène. Les structures les plus anciennes sont mal datées comme on l’a évoqué. Elles sont, en tout cas, antérieures au dernier quart du Ier siècle. Pour le reste des vestiges gallo-romains, il semble que l’on se situe entre la fin du Ier siècle et la première moitié du IIème siècle. Seule la tranchée d’épierrement précédemment évoquée a livré du mobilier céramique qui pourrait être un peu plus tardif.

La nature de l’occupation reste incertaine. La présence de déchets de métallurgie du fer doit être prise avec précaution, mais il n’est pas exclu que des artisanats de bord de voie soit présents. Quelle que soit la nature exacte de ces occupations (habitat, activité économique/artisanale), on a affaire à un des rares exemples connus à Autun (en dehors du quartier artisanal de la Genetoye) d’occupation modeste, extramuros, en bordure de voie. S’y ajoute la gestion des milieux humides au sud-est de l’emprise qui ont pu faire l’objet d’aménagements.

*Désigne un sol qui est régulièrement saturé en eau
*La Tène (du nom d’un site archéologique situé en Suisse) désigne la période gauloise (475 av. notre ère jusqu’à la conquête romaine)