Thermes publics antique et enceinte médiévale

Fenêtre de fouille de 2017 ayant mis en évidence un bassin rectangulaire tapissé de béton hydraulique construit au début du IVe s. sur les ruines d’un aqueduc détruit à la fin du IIIe s. : traces d’une reconstruction des thermes du forum réalisée sous le règne de Constantin ? (©Y. Labaune, SAVA)

Le projet de restructuration urbaine et de mise en place d’un square et d’un parc de stationnement, à l’emplacement d’anciens bâtiments démolis à cette occasion, a motivé une intervention préalable du Service Archéologique de la Ville d’Autun en octobre 2017 sous la direction de Y. Labaune. Les résultats de ce diagnostic sont particulièrement riches d’enseignements.

Pour la période romaine, nous nous trouvons en périphérie de l’emplacement présumé du forum, centre politique, religieux et commercial de l’ancienne Augustodunum. Il a été possible de fouiller sur une petite superficie les vestiges de ce quartier important mais qui reste très mal connu.

L’intervention a permis de découvrir les vestiges probables d’un vaste établissement de bains publics détruit à la fin du IIIème siècle puis reconstruit au cours du IVème siècle avant d’être définitivement abandonné vers les années 450. Ses dimensions importantes sont comparables à celles des thermes impériaux de Trèves.

La portée historique de ces observations doit être soulignée car il pourrait s’agir d’un nouveau témoignage des travaux de restaurations réalisées à Autun-Augustodunum sous le règne de l’empereur Constantin, mentionnés par les textes anciens. Ces travaux importants touchent également le cardo maximus qui est alors pavé de grandes dalles, l’aqueduc principal qui est réparé sur une partie de son tracé et les Ecoles Méniennes (centre « universitaire ») qui est alors reconstruit.

Pour la période médiévale, l’intervention archéologique prend place en périphérie du quartier de Marchaux, sorte de petite « ville dans la ville » qui abrite des activités commerciales et artisanales et qui est entouré de ses propres remparts.

La fortification de Marchaux était en partie conservée dans les murs et les sous-sols des constructions des XVIIIème et XIXème siècle qui ont été démolies à l’occasion des travaux. Nous nous trouvons ainsi au niveau d’une des deux portes d’entrée dans le bourg de Marchaux : les vestiges de cet accès monumental, actuellement enterrés, sont encore visibles dans certaines caves des maisons alentours ; les restes du mur d’enceinte, reconstruit au XVIème siècle, ont été préservés dans le cadre de l’aménagement.

Entre le quartier de Marchaux et la « ville haute » qui accueille le palais épiscopal et la cathédrale Saint-Lazare, l’espace libre à l’emplacement de la place voisine du Champ de Mars (qui accueille actuellement l’hôtel de ville) était occupée par des foires occasionnelles comme celle de la Saint-Ladre.