Une importante fouille de sauvetage programmé portant sur une superficie de l’ordre 4000 m² a été dirigée en 1987 par A. Rebourg préalablement à la construction d’un lotissement d’habitations au nord-est de la ville. Cette opération, réalisée dans des conditions particulièrement difficiles, n’a pas permis l’enregistrement complet des données et la production d’un rapport d’intervention. Elle fait suite à une série de sondages ponctuels – respectivement réalisés par J. Creusaton en 1968, par H. Vertet en 1971 et 1972 et A. Demongeot en 1973 – qui avaient déjà bien mis en évidence la vocation artisanale du secteur en exhumant de très nombreux ratés de cuisson de céramiques. On ajoutera que les premiers vestiges découverts fortuitement sur cette parcelle remontent à 1914 : ils concernent un four de potier qui avait été alors interprété comme un hypocauste.
La fenêtre de fouille a permis de dégager la bordure septentrionale d’un îlot d’habitation et la quasi-totalité d’un îlot à vocation exclusivement artisanale accueillant différents corps de métiers liés au travail du feu – potiers, métallurgistes et verriers – et peut-être aussi des tablettiers*. Les artisans bronziers et les forgerons occupent la majeure partie de l’espace.
La zone dévolue à la production de la céramique est confinée dans la partie septentrionale de l’îlot à proximité d’un decumanus se dirigeant vers une tour du rempart. Elle jouxte l’atelier de verrier. Elle recèle trois fosses quadrangulaires tapissées d’argile blanche dont la fonction précise – lavage, décantation ou stockage de matière première – a échappé aux fouilleurs. Au total, huit fours auraient été mis au jour groupés dans des locaux fermés et couverts. Seuls quatre d’entre eux sont à ce jour illustrés et peuvent être localisés de part et d’autre de l’atelier de verrier. Les ratés de cuisson de céramiques ont été rejetés dans les fosses à argile, à l’intérieur des fours et dans de vastes dépotoirs situés à proximité des structures de productions.
La production de vaisselle est attestée durant la totalité du Haut-Empire. Elle concerne les assiettes en terra nigra, les gobelets en parois fines engobées, les plats à engobes internes rouges pompéiens et la vaisselle culinaire en céramique commune. Des productions originales de pots estampés et de mortiers estampillés sont notables. On relève une production anonyme de figurines en terre cuite blanche au registre iconographique restreint, les déesses-mères et les Vénus formant les deux tiers des représentations. Enfin, la confection de couvercles de creusets de fusion à destination des artisans bronziers a pu être observée.
*Artisan spécialisé dans la production d’objet en matière dure animale (ossements, corne, ivoire)