Ce site connu sous le nom de « Maison des Auteurs grecs » a fait l’objet de trois campagnes de découvertes.
En 1965, c’est dans les fondations de la maison Gaunet qu’ont été découverts les premiers vestiges d’une vaste salle de réception construite sur hypocauste, ainsi que les premiers fragments d’une mosaïque effondrée, partiellement détruite. Ces éléments appartiennent à un tableau très abimé mais sur lequel on peut reconnaitre un personnage barbu et chevelu, assis sur un siège au dos courbé et portant un vêtement drapé. Autour de lui sont inscrits des vers écrits en grecs. Ce personnage a pu être identifié comme étant le poète grec Anacréon.
En 1989, un sondage a été entrepris dans la parcelle contiguë afin de repérer d’autres éléments appartenant à la salle d’apparat avant le réaménagement de ce jardin. L’année suivante, une fouille programmée est menée et met au jour deux autres panneaux incomplets ainsi que de nombreux éléments de décor.
Deux personnages sont représentés sur ces panneaux.
Le premier est en homme à la barbe grisonnante, la tête penchée vers la droite et levant le bras droit. Un pan de son vêtement repose sur l’épaule gauche et est maintenu contre son corps par la main gauche. L’inscription en grec qui l’accompagne est très mutilée et ne permet pas d’identifier ce personnage.
Le second panneau représente un homme, à la barbe courte assis dans un fauteuil à haut dossier. Il tient dans sa main gauche un rouleau et appuie sa tête sur la main droite. Son nom, presque complet apparait dans l’angle inférieur droit du tableau, il s’agit du philosophe grec Métrodore. Il est lui aussi entouré d’une inscription en grec.
Grâce au relevé précis des fragments de mosaïque et de la superficie totale de la pièce (62 m²), une restitution du tapis de mosaïque a pu être proposée. Elle comptait huit tableaux organisés en quinconce, séparés par un méandre de svastikas en tresses polychromes.
De nombreux fragments d’enduits peints et de stucs ont été également découverts, attestant d’un riche décor mural. Il s’agit d’un décor d’imitations de marbres polychromes (ocre jaune, marron rouge, vert bleuté) organisés en compartiments bien connus dans le monde romain et dont d’autres exemples sont attestés en Gaule au IIème siècle.
La finesse d’exécution des panneaux de mosaïque et l’association de représentation d’auteurs et de leurs œuvres en grecs confèrent un intérêt exceptionnel à cet ensemble.