Une occupation antique et médiévale à proximité de l’enceinte

Vue générale du diagnostic avec les deux sondages profonds. (©SAVA)

A l’occasion d’un projet d’extension de la clinique du Parc, le Service Archéologique de la Ville d’Autun a réalisé un diagnostic en 2018 sous la direction de T. Dessolin afin de sonder la parcelle impactée. A l’issue du diagnostic une fouille d’archéologie préventive a été prescrite. Elle a été réalisée en 2019 par la société Archeodunum sous la responsabilité de M. Lefils puis J. Besson.

Ces opérations prennent place dans une portion de la ville particulièrement intéressante. En effet, les derniers mètres entre le rempart antique et les premiers îlots ne sont pas les mieux documentés. La présence de nombreux réseaux enterrés n’a malheureusement pas permis d’atteindre et de documenter le rempart antique en élévation dans ce secteur.
Malgré ces contraintes techniques, ces opérations ont livré un grand nombre d’informations relatives à l’occupation de cette zone.

L’emprise concernée par les excavations a permis de documenter les derniers mètres du système viaire. Cette rue, le decumanus D9, construite assez légèrement, a été régulièrement rechargée sur une période relativement courte. Ces nombreuses recharges s’accompagnent d’une évolution très rapide des fossés bordiers. Ainsi, plusieurs fossés sont recreusés durant le premier siècle.

Dans le prolongement de cette rue, se trouve la bande d’espace non construite qui longe le rempart et le premier îlot. Un second sondage profond a permis de mettre en évidence les différents sols qui se succèdent. Le substrat a été atteint, scellé par une succession de sols et de remblais. Plusieurs de ces niveaux de circulation, à la surface irrégulière et indurée, ont pu être vus en plan. Parmi ces remblais, une couche contient des quantités importantes de fragments de roches décoratives qui ont fait l’objet d’une étude. Elle témoigne de la présence d’un habitat riche à proximité.
A la suite de l’abandon de ce secteur au cours du IIIème siècle, un fossé de drainage médiéval s’implante dans l’espace non construit bordant le rempart, à un endroit où l’eau devait stagner.

L’angle d’un îlot jouxtant le rempart, l’îlot VIII/IX 3 a également pu être dégagé. Il s’agit d’un ensemble de sols présentant des impacts thermiques et des restes de mortier de tuileau. Les deux murs qui fermaient cet îlot ont été récupérés. Il est possible qu’au cours du Ier siècle, ce secteur ait été utilisé pour une activité de production d’objets en os comme des épingles.

Les horizons d’abandon du IIIème siècle présentent les traces d’une fréquentation artisanale
liée à la métallurgie des alliages cuivreux. Ils ont aussi livré de grandes quantités de restes animaux, typiques d’activités de boucherie. Deux activités différentes de traitement des carcasses de bœufs ont été distinguées.

L’îlot est définitivement abandonné à la fin du IIIème siècle et le secteur demeurera peu fréquenté jusqu’au XIXème siècle.