L’église abbatiale de Saint-Martin d’Autun

Vue d’une sépulture en cours de fouille, au nord de l’ancienne église abbatiale de Saint-Martin d’Autun (© Y. Labaune, SAVA)

Un projet d’aménagement du parc Robert Schuman a entraîné en 2018 la réalisation d’un diagnostic archéologique sous la direction de Y. Labaune (SAVA).

Le parc actuel est situé à l’emplacement de l’ancienne abbaye Saint-Martin d’Autun, fondée par la reine Brunehaut et l’évêque Syagrius au VIème siècle à l’extérieur de l’enceinte urbaine de la ville antique. Cette abbaye devient très puissante durant l’époque médiévale et acquiert un important capital foncier et financier. A son apogée, de nombreux établissements religieux sont placés sous son patronage. Abandonnée pendant un temps à l’époque Moderne, l’abbaye est reconstruite au XVIIIème siècle. En 1793, l’ensemble est vendu comme bien national. D’abord utilisée comme fabrique d’affûts de canons, l’abbaye est ensuite démolie en grande partie afin d’en récupérer les matériaux. Seuls quelques bâtiments de desserte sont encore visibles aujourd’hui, qui accueillent le Centre social du prieuré Saint-Martin.

Le diagnostic archéologique réalisé en 2018 a permis d’observer les vestiges de l’église abbatiale et de l’ancien cloître de Saint-Martin. Les maçonneries du cloître étaient dans un bien meilleur état de conservation que celles de l’église, qui semble avoir été plus touchée par les démantèlements du XVIIIème siècle. Plusieurs massifs de fondation du cloître et une partie de l’élévation des murs ont été mis au jour, ainsi que certains pavements.

Un ensemble de sarcophages trapézoïdaux en grès de l’époque mérovingienne ont été découverts au niveau de la nef de l’église abbatiale, ainsi que dans le collatéral nord.

Au nord de l’ancienne église, un ancien cimetière a pu être identifié, avec la découverte de plusieurs tombes du Moyen Age central (XIème-XIIème siècles).

Dans la partie est du parc, à l’emplacement des anciens jardins de l’abbaye au XVIIIème siècle, un ensemble de fossés a été mis au jour, dans lesquels ont été découverts quelques tuiles et un fragment de céramique qui pourraient attester d’une origine antique. Ces fossés étaient situés dans le parfait prolongement d’un autre ensemble de structures fossoyées découvertes en 2006 au nord-est de l’intervention. Il pourrait éventuellement s’agir des limites parcellaires d’un vaste domaine agricole périurbain de l’époque romaine.