L’étude d’archéologie du bâti de la tour de la Bondue, édifice inscrit aux Monuments Historiques, a été préconisée en amont de restaurations prévues sur ses deux derniers niveaux. L’intervention a été réalisée en mai 2020 par le Service Archéologique de la Ville d’Autun, sous la direction de C. Couderc. Elle a permis de compléter et préciser les résultats de l’étude réalisée par J. Barthel entre 2010 et 2012 à l’occasion des travaux réalisés sur les premiers niveaux de la tour.
La tour de la Bondue est un exemple typique des maisons-fortes du Moyen Âge. Lors de sa construction, à la fin du XIIème siècle ou dans le courant du XIIIème siècle, elle est organisée sur quatre niveaux dont un en soubassement présentant une cave. Le rez-de-chaussée surélevé est dévolu à l’espace domestique avec un lavabo, un placard et une cheminée. Ce niveau est éclairé par des baies de taille et de forme modeste et devait être orné de badigeons.
Le troisième niveau correspond à l’étage noble. Il dispose d’un soin particulier avec des baies à niches et des peintures plus importantes. Cet étage devait disposer soit de latrines soit d’un accès privilégié depuis l’extérieur par l’intermédiaire d’un escalier en bois placé contre la façade nord. La pièce devait être chauffée soit par une cheminée branchée sur le même conduit d’évacuation des fumées de la cheminée de la cuisine soit grâce au conduit qui devait être en sailli du mur est. Les fenêtres à niches sont, depuis l’extérieur, plutôt étroites et donnent l’illusion d’avoir des archères.
Les combles sont un espace de guet avec des baies rappelant les créneaux défensifs.
L’agencement de la tour de la Bondue rappelle sensiblement celui de la tour du Treuil à Allevard (Isère) qui servait de tour de guet pour surveiller les vallées.
A l’issue de l’étude de bâti, deux grandes phases d’aménagement peuvent être retenues.
La première correspond au rehaussement complet de la tour sur un étage, peut-être au XIVème siècle ou XVème siècle selon J. Barthel, et au réaménagement de tous les niveaux de planchers. Cette phase bouleverse l’ensemble des ouvertures de la tour qui sont pour certaines bouchées et d’autres ménagées dans les maçonneries. La symbolique défensive reste fortement imprégnée : les fenêtres du dernier étage reprennent la forme de créneaux tandis que celles du niveau sous-jacent, anciennement en créneaux, présentent désormais un linteau droit soutenant des huchettes*.
La seconde phase correspond à l’aménagement de la tour en caserne et maison de sureté au cours du XVIIIème siècle. Cette dernière comprend notamment le bouchage, en plusieurs étapes, de nombreuses baies et la réalisation des graffitis du quatrième niveau.
*Dans des fortifications, une huchette est un volet pivotant sur un axe horizontal obturant une meurtrière ou un créneau